Gainsbourg (vie héroïque), un conte fantasmatique

Ca y est, c’est fait, je suis allé voir « Gainsbourg (vie héroïque) » de Joann Sfar et j’ai été particulièrement surpris. Surpris est le mot juste car pour être honnête, je m’y suis rendu avec un à priori très négatif. Cela fait des mois qu’on nous abreuve d’images furtives et de mots à propos de ce film. La promo faite autour de celui-ci m’a particulièrement gavée, j’en ai eu les dents du fond qui baignent. Pour moi, c’était le film parisien et bobo de l’année. La fascination des journalistes pour la ressemblance entre Serge Gainsbourg et Eric Elmosnino me semble encore plus ridicule après avoir vu le film.
La sur-médiatisation de ce film (ça n’est pas un cas isolé) empêcherait presque le public d’avoir un avis. Aujourd’hui, on nous dit quoi boire, manger, qui écouter, regarder et aimer.

Passons au point positif de cet article: le film.

A mes yeux, ce film est une réussite car il ne s’agit pas d’un biopic à proprement parler. Nous ne sommes pas dans le même registre que « La môme ». La volonté du réalisateur et scénariste Joann Sfar n’était pas de coller à la réalité de Gainsbourg mais à son fantasme permanent. La vie de Gainsbourg était en grande partie tournée vers les femmes et l’image qu’il pouvait donner d’elles et c’est à travers celles-ci que son fantasme s’exprimait.

Joann Sfar a fixé son regard sur quatre muses, quatre époques, probablement les plus emblématiques:

Joann Sfar retranscrit particulièrement bien l’ambiguïté du personnage Gainsbourg à travers son double, « la gueule ». Il nous propose l’existence d’un Gainsbar dès l’enfance de Serge. Ce double ne le quittera jamais. Il met en lumière l’onirisme du personnage Gainsbourg, son imagination débordante. Imagination qui ne tolère pas toujours le bon goût, c’est Gainsbar.

Effectivement, comme je vous le disais cette œuvre n’est pas un biopic mais un conte. Il nous présente une vision subjective de Gainsbourg très intéressante. Un personnage fantasque, fantaisiste, un pied dans le monde cynique des adultes, l’autre dans celui de l’enfance.

La bande-annonce

Posté le Jeudi 21 janvier 2010 à 10:51 par Ab'Fab

2 réponses à “Gainsbourg (vie héroïque), un conte fantasmatique”

  1. Gainsbourg et ses Femmes « L'esprit Rock

    [...] d’agrémenter l’article précédent sur le dernier film de Joann Sfar, voici une playlist non exhaustive de chansons écrites par [...]

  2. Gainsbourg (vie héroïque) chez vous. « L'esprit Rock

    [...] par l’univers graphique de Joann Sfar. Si le doute vous traverse, je vous propose de lire la chronique que j’avais publiée à l’occasion de sa sortie dans les salles obscures. D’autre [...]

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