Jacques Dutronc, un rêve de gosse

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La semaine dernière, j’ai realisé un rêve de gosse: je suis allé voir Jacques Dutronc au Zenith.
En 1992, j’avais sollicité mon père afin que celui ci m’accompagne au Casino de Paris. Mais, malgré ma motivation et mon insistance, l’opération échoua. Mon amour pour l’homme au cigare frôlait l’obsession à tel point que certaines K7 ont fini par être avalées par la chaîne du paternel.

Alors, cette année, à l’annonce de son retour sur scène, j’ai décidé d’acheter deux places pour le  Zenith. Le spécimen étant d’un naturel contemplatif, oisif, j’ai sauté sur l’occasion. Effectivement, le « grand Jacques » se produit sur scène tous les vingt ans, en moyenne… il faut donc être attentif à ses rares mouvements.
A ce propos l’animal devait probablement avoir envie d’offrir des réfrigérateurs à tous ses amis pour trouver l’envie de remonter faire le zouave devant nous. Sa déclaration au Grand Journal pouvait aussi laisser songeur : « la prochaine fois, je serai probablement périmé. »Le cynisme du personnage m’a toujours fasciné; il se joue de la grande faucheuse en la narguant avec son verre de whisky et son gros cigare caché derrière ses lunettes d’aviateurs.

Nous voilà donc, le jour j,  installé confortablement au centre du Zenith dans les gradins: la vue est  imprenable.

La salle est alors plongée dans le noir et l’artiste apparait affalé dans un fauteuil club, encore un pied de nez à la vie, au travail et à l’Hymne du petit Nicolas S : « Travailler plus pour gagner plus »

Le concert débute avec l’hymne dutronesque et très actuelle « Et moi, et moi, et moi ». Tout de suite le groupe annonce la couleur, ça sonne rock et ça swingue particulièrement. Le Line up n’a pas beaucoup changé:

Le groupe qui accompagne Dutronc est solide, la complicité entre chacun est palpable. Les deux guitaristes et le bassiste se rassemblent souvent autour du cactus.

Contrairement à ce que certaines personnes pourraient penser, Dutronc n’est pas un artiste sur le retour et son public ne ressemble pas à celui de la tournée « âge tendre et tête de bois ». Il est très éclectique et transgénérationnel. Il suffit d’observer le bonhomme et l’écouter. Il plait aussi bien au post ado qu’à la soixante-huitarde… Le Playboy est toujours aussi séducteur et son oeil pétille toujours autant derrière ses lunettes noires.

Un seul bémol, l’absence du barreau de chaise au coin des lèvres. Et oui, Dutronc a les chiens de garde des non-fumeurs aux fesses. Et même à 66ans le texte de « fais pas si fais pas ça » résonne encore pour lui.
J’ose penser qu’il trouvera une parade et fera un pied de nez à ces empêcheurs de tourner en rond au cours de la tournée.

Voici la playlist du concert

Et moi, et moi, et moi, On nous cache tout, on nous dit rien, Comment elles dorment, Qui se soucie de nous, La fille du père Noël, L’opportuniste, Gentleman cambrioleur, L’hymne à l’amour (moi l’nœud), Le plus difficile, La nappe du restaurant, Tous les goûts sont dans ma nature, J’aime les filles, Les play-boys, Fais pas ci fais pas ça, Madame l’existence, Les cactus, Le petit jardin, Il est cinq heures, Paris s’éveille, La compapade, Merde in France (cacapoum)

Rappel:

Et moi, et moi, et moi, La fille du père Noël, Les cactus

Posté le Lundi 18 janvier 2010 à 12:00 par Ab'Fab

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